{"id":229,"date":"2021-04-09T13:45:23","date_gmt":"2021-04-09T11:45:23","guid":{"rendered":"http:\/\/laneetlegingembre.fr\/?p=229"},"modified":"2021-04-18T20:45:24","modified_gmt":"2021-04-18T18:45:24","slug":"encore-une-semaine-sans-virer-mon-poa","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/laneetlegingembre.fr\/?p=229","title":{"rendered":"I shot the sheriff"},"content":{"rendered":"\n<p>Je fais un job bizarre.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019en ai chi\u00e9 les premi\u00e8res ann\u00e9es pour me caser&nbsp;: avec des \u00e9tudes litt\u00e9raires on peut \u00eatre prof, on peut \u00eatre journaliste, on peut \u00eatre \u00e9diteur.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019aime pas les enfants. \u00catre journaliste me semblait un r\u00eave irr\u00e9alisable. Je sais super bien lire. Je voulais \u00eatre \u00e9diteur.<\/p>\n\n\n\n<p>Tous comptes faits, devenir journaliste aurait peut-\u00eatre \u00e9t\u00e9 un parcours de sant\u00e9. L\u2019entr\u00e9e dans la vie professionnelle m\u2019a \u00e9t\u00e9 une aventure&nbsp;; et pas du type de celles dans lesquelles on a toujours dans sa poche le couteau et le bout de ficelle qui nous permettront de fabriquer une montgolfi\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019\u00e9tait une obsession pour moi, dans mes jeunes-ann\u00e9es&nbsp;: je n\u2019avais aucune id\u00e9e de comment j\u2019allais m\u2019en sortir et je n\u2019en menais pas large. Demain \u00e9tait un vertige. <a href=\"http:\/\/laneetlegingembre.fr\/?p=96\">Le blog commence l\u00e0-dessus<\/a>, d\u2019ailleurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Comment \u00e7a se passe aujourd\u2019hui dans le m\u00e9tier, j\u2019en ai 0 fichue id\u00e9e, mais j\u2019imagine que si on ne s\u2019appelle pas Gallimard ou qu\u2019on ne couche pas avec un.e Gallimard, \u00e7a ne doit toujours pas \u00eatre \u00e9vident d\u2019arriver \u00e0 ce stade glorieux d\u2019une carri\u00e8re ou l\u2019on a son propre bureau.<\/p>\n\n\n\n<p>A l\u2019\u00e9poque, il y avait \u00e0 Paris quatre promos de DESS. 25 places par promo. 2000 \u00e9tudiants en Lettres ayant valid\u00e9 leur ma\u00eetrise.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour entrer en DESS, il fallait avoir faire des stages.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour faire des stages, il fallait de l\u2019exp\u00e9rience et un r\u00e9seau.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour avoir de l\u2019exp\u00e9rience et du r\u00e9seau, il fallait avoir un DESS.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019\u00e9tait la guerre pour choper un stage de trois mois non r\u00e9mun\u00e9r\u00e9, et quand on l\u2019avait on ne faisait pas semblant de s\u2019y accrocher. On y mettait son \u00e2me.<\/p>\n\n\n\n<p>Stages et dipl\u00f4mes obtenus, restait \u00e0 prier, entretenir son r\u00e9seau, attendre qu\u2019un poste se lib\u00e8re. Un poste se lib\u00e9rait comme la com\u00e8te de Halley, deux fois par si\u00e8cle&nbsp;: pourquoi en ouvrir alors que tous ces stagiaires font si bien le boulot et se bousculent toutes dents dehors pour ne surtout pas recevoir de salaire&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Voici pour la ligne de d\u00e9part. A vos marques. Je partais sans s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 et avec un handicap suppl\u00e9mentaire. J\u2019avais deux ans de moins que les autres.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019\u00e9tait rien que de la triche, hein&nbsp;: je suis n\u00e9e en ao\u00fbt et ma m\u00e8re \u00e9tait instit au CP. Je n\u2019ai jamais fait ma grande section de maternelle. Mais j\u2019ai postul\u00e9 en bac +5 \u00e0 19 ans et 48 kilos. J\u2019ai d\u00e9couvert qu\u2019il faut plus de 48 kilos pour \u00eatre cr\u00e9dible.<\/p>\n\n\n\n<p>Lors d\u2019un entretien d\u2019entr\u00e9e en DESS \u00e9dito, j\u2019avais soign\u00e9 mon look. Je ressemblais encore plus \u00e0 une gamine de 11 ans et demi. Devant moi assis c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te, cinq pontes pour d\u00e9cider de mon avenir.<\/p>\n\n\n\n<p>On m\u2019a demand\u00e9 quel m\u00e9tier je voulais faire, ce que j\u2019ai trouv\u00e9 compl\u00e8tement con. Une partie de moi avait bien compris qu\u2019on me demandait si je voulais me lancer c\u00f4t\u00e9 distribution, diffusion ou \u00e9dition&nbsp;; l\u2019autre partie criait tr\u00e8s fort \u00ab&nbsp;A ton avis, Sherlock&nbsp;? Je postule pour un DESS \u00e9dition, je veux \u00eatre boulanger&nbsp;\u00bb. J\u2019ai r\u00e9pondu&nbsp;: \u00ab&nbsp;Dictateur&nbsp;\u00bb. Les cinq mecs devant moi&nbsp;: \u00ab&nbsp;\u2026&nbsp;\u00bb. Moi&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ben \u2026Dictateur, vous savez, Ma\u00eetre du Monde.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Au bout de ce qui a pu aussi bien \u00eatre une heure que douze, l\u2019un des cinq m\u2019a dit que mon profil \u00e9tait vraiment int\u00e9ressant. Que si je n\u2019\u00e9tais pas s\u00e9lectionn\u00e9e cette ann\u00e9e, c\u2019\u00e9tait important que je re-postule l\u2019ann\u00e9e suivante, que j\u2019\u00e9tais jeune encore. J\u2019ai souri et j\u2019ai dit que ce n\u2019\u00e9tait pas la premi\u00e8re fois que j\u2019\u00e9tais confront\u00e9e \u00e0 cette probl\u00e9matique&nbsp;: j\u2019avais deux ans de moins que mes coll\u00e8gues de promo depuis quinze ans. Que j\u2019\u00e9tais jeune et que j\u2019avais aussi mon bac depuis quatre ans. Qu\u2019un regard jeune pouvait \u00eatre neuf et int\u00e9ressant&nbsp;: une autre forme d\u2019exp\u00e9rience. Par exemple, ils seraient surpris d\u2019apprendre que non, \u00e0 19 ans, le loyer n\u2019est pas offert et qu\u2019on a aussi besoin d\u2019acheter du dentifrice et du PQ. Moi aussi, j\u2019ai besoin de fric.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai \u00e9t\u00e9 retenue. A moi la joie des stages ingrats et non r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s. A moi la vie dans l\u2019ombre \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de mes idoles litt\u00e9raires. A moi les fl\u00fbtes de champagne en soir\u00e9e avant de rejoindre mes 9m2 avec toilettes communes sur le palier.<\/p>\n\n\n\n<p>2021.<\/p>\n\n\n\n<p>Ma jeunesse est r\u00e9volue. Je ne m\u2019appelle toujours pas Gallimard. Je n\u2019ai plus du tout deux ans de moins que mes coll\u00e8gues.&nbsp; J\u2019\u00e9tais pr\u00e9par\u00e9e et je ne l\u2019ai pas vu venir.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai pris tellement cher les premi\u00e8res ann\u00e9es avec mon syndrome d\u2019incomp\u00e9tence profonde et la conviction que mon changement de carri\u00e8re n&#8217;\u00e9tait d\u00fb qu&#8217;\u00e0 ma visc\u00e9rale b\u00eatise. Je me suis fad\u00e9e un PDG m\u00e9galo, un libraire fou et ma grand-m\u00e8re en DSI. Un jour je vous parlerai du fou au fusil, de @g@memn@, de Con\u00e3rdinho et de Tourista.<\/p>\n\n\n\n<p>Je suis entr\u00e9e en DESS \u00e0 19 ans et aux prud\u2019hommes \u00e0 24, sans jamais pouvoir me d\u00e9faire de l\u2019id\u00e9e que c\u2019\u00e9tait de ma faute.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai fait des petits jobs de fond de tiroir, j\u2019ai repris mes \u00e9tudes et j\u2019ai fait d\u2019autres petits jobs, ceux dont personne ne voulait et qu\u2019\u00e9vitaient les \u00e9tudiants en \u00e9cole de commerce&nbsp;; mais dans un secteur mieux r\u00e9mun\u00e9r\u00e9. Mon salaire \u00e9tait toujours pourri, hein, mais les perspectives seraient meilleures si j\u2019arrivais un jour \u00e0 sortir de ma niche. Personne n\u2019a jamais fait fortune dans la validation logicielle.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre reconnue sur des sujets que je savais parfaitement ne pas ma\u00eetriser et dont je n\u2019avais absolument rien \u00e0 foutre.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai boss\u00e9 en douce sur des sujets qui m\u2019int\u00e9ressaient pour pouvoir laisser discr\u00e8tement les premiers.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai mont\u00e9 ma premi\u00e8re \u00e9quipe. Et j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 prendre mon pied. Je les ai recrut\u00e9s moi-m\u00eame un par un. J\u2019ai pu bosser comme je le voulais, les laisser bosser comme nous le voulions. Les mettre en confiance et leur montrer que je les suivais. J\u2019ai ador\u00e9 \u00e7a. Ils me manquent aujourd\u2019hui.<\/p>\n\n\n\n<p>Juin, l\u2019an dernier.<\/p>\n\n\n\n<p>Coup de fil de mon big boss, qui me demande \u2013 surpriiise&nbsp;! \u2013 si \u00e7a m\u2019int\u00e9resse de reprendre une \u00e9quipe de 35 personnes. La chef de projet s\u2019appr\u00eate \u00e0 partir en cong\u00e9 mat. Son bras droit doit quitter la mission en janvier. \u00c7a te dit d\u2019attaquer en ao\u00fbt&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>35 personnes, c\u2019est cinq fois plus que ce que je g\u00e9rais \u00e0 l\u2019\u00e9poque et je ne panais pas le premier mot du nouveau p\u00e9rim\u00e8tre que l\u2019on me demandait d\u2019appr\u00e9hender. Mais qu\u2019est-ce que c\u2019\u00e9tait flatteur, qu\u2019est-ce que c\u2019\u00e9tait bon pour l\u2019ego. Mon plumage et mon ramage n\u2019en pouvaient plus de joie. J\u2019ai r\u00e9fl\u00e9chi deux jours et j\u2019ai dit oui.<\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019en sont suivis six mois \u00e0 se pendre.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019avais grandi&nbsp;: je savais que je m\u2019\u00e9tais d\u00e9j\u00e0 relev\u00e9e une fois, deux fois, sept, je le ferais certainement une trente-deuxi\u00e8me. Je savais aussi me fixer des limites. Si dans tant de semaines, j\u2019en fais toujours des nuits blanches, je rends mon tablier et je ferai comme d\u2019habitude. Je me tournerai vers mon filet de s\u00e9curit\u00e9 g\u00e9ant. Mes amis m\u2019aideront bien \u00e0 d\u00e9passer \u00e7a.<\/p>\n\n\n\n<p>Caillou num\u00e9ro 1. Nouvelle mission moins une semaine. Je croise le chef impromptu&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Dis-donc j\u2019ai r\u00e9fl\u00e9chi. Le bras droit (appelons l\u00e0 Corinne, \u00e9crire bras droit toutes les deux lignes \u00e7a va me gonfler) part en janvier. Ce qu\u2019on va faire, c\u2019est qu\u2019on va pas la vexer en disant que c\u2019est toi le chef de projet, de toutes fa\u00e7ons c\u2019est que pour quelques mois. En attendant on va dire que c\u2019est toi le bras droit.<\/p>\n\n\n\n<p>Oui chef. C\u2019est pas pour \u00e7a que j\u2019ai sign\u00e9, mais honn\u00eatement je m\u2019en fous. J\u2019ai pas besoin de couronne&nbsp;: je suis chef de projet moi, je suis pas l\u00e0 pour souffler dans une trompette et agiter des petits drapeaux. Tant que le r\u00f4le de chacun est clair, que je sais o\u00f9 je suis attendue et \u00e0 quoi je sers, c\u2019est bon.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c7a n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 clair. Je n\u2019ai jamais \u00e9t\u00e9 fichue de saisir ce que Corinne attendait de moi exactement et je ne supportais pas cette impression d\u2019\u00eatre pay\u00e9e \u00e0 ne rien faire. Parfois mon t\u00e9l\u00e9phone sonne&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; C\u2019est toi le chef de projet de Machin&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Je d\u00e9teste quand je ne sais pas quoi r\u00e9pondre. Je voudrais bien savoir si c\u2019est moi le chef de projet de Machin. J\u2019ai dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Que puis-je pour toi&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai vid\u00e9 ma signature de mails. J\u2019\u00e9tais incapable de mettre un intitul\u00e9 de poste.<\/p>\n\n\n\n<p>Prendre en main une \u00e9quipe de 35 personnes en p\u00e9riode de pand\u00e9mie (caillou 1A), c\u2019est un peu comme jongler avec des balles invisibles. On ne sait m\u00eame pas si on les a attrap\u00e9es, relanc\u00e9es, o\u00f9 elles ont bien pu tomber.<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne comprends pas le premier mot pendant les r\u00e9unions t\u00e9l\u00e9phoniques seule dans son salon, c\u2019est ma nouvelle d\u00e9finition de la solitude (caillou 1B). Parfois quelqu\u2019un me demande de donner mon avis sur ce qui vient d\u2019\u00eatre dit et j\u2019ai envie de pleurer. Quand je pleure, je coupe le micro.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai fait deux mois avec tellement de r\u00e9unions qu\u2019il y en avait plus que d\u2019heures ouvr\u00e9es et qu\u2019il fallait choisir entre pisser et fumer. Les jours o\u00f9 on pouvait aller parfois pisser, s\u2019entend.<\/p>\n\n\n\n<p>Entre les diff\u00e9rents confinements, on a pu passer sur site une semaine de temps en temps et d\u00e9couvrir la moiti\u00e9 haute du visage des collaborateurs qui avaient fait le d\u00e9placement. Toujours quatre balles invisibles, mais enfin on rep\u00e8re la cinqui\u00e8me.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous sommes en avril maintenant. Il y a toujours une dizaine de collaborateurs dont je ne connais que les yeux. Je connais leur nom, leurs probl\u00e8mes, leurs comp\u00e9tences, leur mode de communication, leurs points de blocage, je peux reconna\u00eetre leur voix entre mille, mais je ne connais pas leur tronche.<\/p>\n\n\n\n<p>Les donn\u00e9es arrivaient \u00e0 l\u2019heure en production un jour sur trois. Elles \u00e9taient fausses un jour sur deux. Le pilotage \u00e9tait tendu et l\u2019\u00e9quipe se faufilait entre les gouttes.<\/p>\n\n\n\n<p>Octobre.<\/p>\n\n\n\n<p>Le boss vire Corinne en tr\u00e8s pr\u00e9cis\u00e9ment quinze minutes. J\u2019avais d\u00e9j\u00e0 vu des sorties de mission cow-boy, mais celle-ci m\u2019a laiss\u00e9e assise. Je n\u2019ai m\u00eame pas \u00e9t\u00e9 pr\u00e9venue. Je ne comprends pas pourquoi elle et pas moi&nbsp;; j\u2019ai seulement l\u2019impression que ce missile est pass\u00e9 tr\u00e8s tr\u00e8s tr\u00e8s pr\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p>Je n\u2019arrive pas \u00e0 savoir si je suis choqu\u00e9e ou soulag\u00e9e. J\u2019avais bien vu que Corinne et moi on n\u2019\u00e9tait pas faites pour se marier, mais j\u2019ai quand m\u00eame eu du mal \u00e0 encaisser de la voir pleurer.<\/p>\n\n\n\n<p>Deuxi\u00e8me caillou. L\u2019heure de la trompette et des petits drapeaux n\u2019a pas encore sonn\u00e9. Un nouveau chef de projet est parachut\u00e9. Des mois apr\u00e8s je n\u2019ai pas encore bien compris pourquoi. Peut-\u00eatre pour me laisser le temps de monter en comp\u00e9tences, seule dans mon grand salon. Peut-\u00eatre parce que quelqu\u2019un avec une cravate dans un bureau s\u2019est aper\u00e7u qu\u2019il n\u2019y a que des prestataires sur le projet et que la pr\u00e9sence d\u2019un agent est une question de vie ou de mort. Ciao Corinne. Bonjour l\u2019agente.<\/p>\n\n\n\n<p>Le temps de r\u00e9union est divis\u00e9 par deux. Parfois, il y a une pause dej. L\u2019\u00e9quipe ne comprend toujours pas ce qui se passe. On bosse sur la prod. Maintenant quand les donn\u00e9es sont en retard, ce ne sont plus les utilisateurs qui nous l\u2019apprennent et on comprend ce qui s\u2019est pass\u00e9. On a toujours des ronces plein le cul.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019agente est dou\u00e9e pour ce qu\u2019elle fait mais ne se pose pas trop la question de comment je pourrai l\u2019aider, manifestement. Ce n\u2019est toujours pas clair. Je ne supporte pas cette impression d\u2019\u00eatre pay\u00e9e \u00e0 ne rien faire.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019agente boit beaucoup et rigole fort. Elle a une communication de tron\u00e7onneuse. Mon ego est sous mes chaussettes. Je marche dessus.<\/p>\n\n\n\n<p>En r\u00e9union de pilotage un soir, la voil\u00e0 qui claironne&nbsp;: \u00ab&nbsp;Bon, j\u2019ai vraiment trop de trucs \u00e0 faire, je vais plus avoir le temps de m\u2019occuper de Projet Machin. On va voir avec les grands chefs si on peut trouver un autre chef de projet.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Mes dents sont sous mon ego et sous mes chaussettes. Je suis co\u00eete. Je me demande \u00e0 quel moment j\u2019ai \u00e9t\u00e9 d\u00e9-chef-de-projetis\u00e9e. Je r\u00e9duis mon compteur de nuits blanches avant renoncement.<\/p>\n\n\n\n<p>Semaine suivante.<\/p>\n\n\n\n<p>Same players. M\u00eame discours. L\u2019avantage de passer des nuits \u00e0 me retourner dans mon lit c\u2019est que cette fois-ci, je sais exactement ce que je veux dire. Je dis que ce que j\u2019entends distinctement c\u2019est que je ne sers \u00e0 rien et que je n\u2019en peux plus qu\u2019on me paye \u00e0 ne rien faire. Un peu de surprise sur son visage.<\/p>\n\n\n\n<p>Janvier.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019agente me dit qu\u2019elle a une id\u00e9e et me demande si je me sentirais de reprendre le pilotage toute seule. Je compte jusqu\u2019\u00e0 cinq le temps de laisser penser que je prends le temps de la r\u00e9flexion et je r\u00e9ponds que c\u2019est jouable.<\/p>\n\n\n\n<p>Lib\u00e9ration.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai toujours l\u2019impression de ne rien faire, mais je le fais toute la journ\u00e9e et je n\u2019arr\u00eate jamais. Je commence \u00e0 comprendre comment fonctionnent les gens et de quoi ils ont besoin.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019apprends \u00e0 faire \u00e9cran pour les laisser bosser tranquillement.<\/p>\n\n\n\n<p>On ma\u00eetrise la prod.<\/p>\n\n\n\n<p>Je fais exactement ce que je veux de mes journ\u00e9es. Je m\u2019organise comme je l\u2019entends et tout le monde a l\u2019air content. C\u2019est une sensation tr\u00e8s \u00e9trange que celle de n\u2019\u00eatre r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 que pour laisser libre cours \u00e0 son caract\u00e8re. J\u2019adore et je n\u2019arrive toujours pas \u00e0 m\u2019y faire. Parfois, je me pince.<\/p>\n\n\n\n<p>Je les regarde vivre, je les regarde bosser. Je prends les engagements et je me d\u00e9brouille pour qu\u2019ils puissent les tenir. Je fais en sorte qu\u2019ils aient les mains libres et je me fade les contingences. Je dose la com sur tous les plans pour que chacun puisse avancer sereinement.<\/p>\n\n\n\n<p>Je fais des choix et je me d\u00e9brouille pour dormir avec.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019entre dans des bras de fer souriants pour ne pas virer des gens que les grandes gueules avec du pouvoir et le jugement facile veulent sortir. Je me d\u00e9brouille pour que les premiers comprennent exactement ce sur quoi ils sont attendus et puissent s\u2019organiser et retirer aux seconds leurs leviers d\u2019action et de chantage.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a quelques semaines, lundi matin.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c7a clignote dans les sens sur mon \u00e9cran. Les stress\u00e9s, les d\u00e9tendus, les grands communicants, les agressifs, les discrets, ils me parlent tous de la m\u00eame \u00e9pine dans le pied aujourd\u2019hui. Ils se plaignent tous de la m\u00eame personne (celui-ci va s\u2019appeler Denis).<\/p>\n\n\n\n<p>Je les laisse tous parler. Je m\u2019aper\u00e7ois que cette fois-ci, on est plus l\u00e0 pour rigoler. Peut-\u00eatre qu\u2019il est tr\u00e8s bien comme humain Denis, mais l\u2019\u00e9quipe ne peut plus le piffrer. Il va falloir se lever de bonne heure pour les faire bosser ensemble.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai laiss\u00e9 passer une heure ou deux parce que je n\u2019avais pas trop de courage et j\u2019ai appel\u00e9 Denis, qui m\u2019a expliqu\u00e9 que ce n\u2019\u00e9tait pas lui qui avait un probl\u00e8me mais l\u2019\u00e9quipe. Qu\u2019on ne pouvait vraiment pas parler d\u2019excellence dans un contexte pareil. Que la qualit\u00e9 du code \u00e9tait inadmissible. Que le processus d\u2019habilitation \u00e9tait une foutrerie. Que c\u2019\u00e9tait aux assistantes de g\u00e9rer les habilitations, pour permettre aux ing\u00e9nieurs de faire leur boulot d\u2019ing\u00e9nieur. Qu\u2019il avait 20 ans d\u2019exp\u00e9rience, lui, parfaitement. Qu\u2019il sortait d\u2019un burnout et qu\u2019il en avait de l\u2019h\u00f4pital psy donc il savait de quoi il parlait. Que c\u2019\u00e9tait plus simple d\u2019envoyer des mails \u00e0 tout le monde plut\u00f4t que de respecter le process.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019aurais pu tiquer sur plein de points, mais f\u00e9minisme oblige, j\u2019ai tiqu\u00e9 sur les assistantes.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Heu, on est d\u2019accord que c\u2019est un job qui a pas mal \u00e9volu\u00e9 depuis cinquante ans non&nbsp;? Je ne comprends pas pourquoi tu le dis forc\u00e9ment au f\u00e9minin d\u2019ailleurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Il me l\u2019a \u00e9pel\u00e9 en \u00e9criture inclusive pour me r\u00e9pondre.<\/p>\n\n\n\n<p>A la fin de la conversation&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Bon. J\u2019entends. Ecoute, honn\u00eatement je suis un peu inqui\u00e8te parce que\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Nan, attends. S\u2019il y a un truc que j\u2019ai retenu de mes vingt ans d\u2019exp\u00e9rience, c\u2019est que si tu es inqui\u00e8te, je ne peux rien faire pour toi. Ton inqui\u00e9tude t\u2019appartient, tu ne peux pas compter sur moi.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai ri.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Oui, merci. Je te confirme que je suis une grande fille et que j\u2019arrive assez bien \u00e0 assumer mes d\u00e9cisions. C\u2019est un peu mon boulot, en fait. Ce qu\u2019on va faire maintenant si tu veux bien, c\u2019est que je vais reprendre ma phrase et que tu vas me laisser la finir, histoire de ne pas me r\u00e9pondre \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la plaque. On fait comme \u00e7a&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Je disais&nbsp;: je suis inqui\u00e8te, parce que je ne suis pas certaine qu\u2019on pourra t\u2019apporter ce que tu recherches.<\/p>\n\n\n\n<p>Je lui ai dit que la balle \u00e9tait dans mon camp et que je lui ferai un retour au plus t\u00f4t. Asap, comme on dit chez nous.<\/p>\n\n\n\n<p>Mauvaise nuit. Je connais des gens tr\u00e8s bien qui ont fait un burnout. Je peux \u00e9crire un livre sur l\u2019h\u00f4pital psy. S\u2019il l\u2019a racont\u00e9 au bureau, il s\u2019est tir\u00e9 une balle dans le pied et tout le monde va ricaner, mais ce n\u2019est pas une raison pour le sortir.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019h\u00e9site aussi \u00e0 le sortir parce que je sais que c\u2019est une fa\u00e7on simple pour moi de marquer des points. Je sais que ce que les autres retiendront, c\u2019est que quand je d\u00e9cide un truc je le fais. Je sais que mon pilotage me suivra sans rien demander \u2013 et que \u00e7a se verra. Je sais aussi que les gros bras autour de moi ne pourront plus me poussiniser quand j\u2019essaie de sauver la t\u00eate de quelqu\u2019un. Fini les \u00ab&nbsp;Nan, mais tu veux pas le virer juste parce que tu es trop gentille et que tu ne veux pas faire de la peine.&nbsp;\u00bb Ce serait affreux si je m\u2019apercevais que je le vire pour me servir.<\/p>\n\n\n\n<p>On ne joue pas avec la vie des gens.<\/p>\n\n\n\n<p>Et puis je m\u2019aper\u00e7ois que lui, ce n\u2019est pas comme mon POA (non je ne vais pas expliquer ce que c\u2019est qu\u2019un POA).<\/p>\n\n\n\n<p>Mon POA, ils sont plusieurs \u00e0 l\u2019avoir dans le viseur depuis des mois. Mon chef l\u2019a dans le viseur. Mon \u00e9quipe l\u2019a dans le viseur. Moi je suis convaincue que personne ne lui a jamais dit clairement ce que l\u2019on attendait de lui, qu\u2019il est sur la d\u00e9fensive parce qu\u2019il se sent agress\u00e9 et submerg\u00e9. Qu\u2019il passe son temps \u00e0 courir apr\u00e8s le train parce qu\u2019il n\u2019a pas le temps de faire les choses proprement et que c\u2019est un cercle sans fin.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai list\u00e9 avec lui les t\u00e2ches et les attendus. J\u2019ai prouv\u00e9 que c\u2019\u00e9tait trop lourd pour une personne. J\u2019ai recrut\u00e9 quelqu\u2019un d\u2019autre. Le bin\u00f4me fonctionne. Je ne suis pas encore au bout du chemin, mais j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 convaincu mon chef. Je commence \u00e0 penser que je vais peut-\u00eatre r\u00e9ussir \u00e0 le faire rester. Je vais de vendredi en vendredi. Encore une semaine sans virer mon POA.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais Denis, je ne peux pas l\u2019aider. Denis n\u2019entend pas quand je lui parle. Denis juge. La science infuse en Denis.<\/p>\n\n\n\n<p>Je pr\u00e9viens mon chef&nbsp;: warning, demain matin, je vire un presta qui ne s\u2019y attend pas du tout.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019avais n\u00e9glig\u00e9 la loi et le process. J\u2019avais dit \u00e0 Denis que je lui parlerai directement, en oubliant qu\u2019il est presta, ce gar\u00e7on. Que je n\u2019ai pas le droit de lui faire ce genre d\u2019annonce directement. Je dois pr\u00e9venir son commercial d\u2019abord. Que je n\u2019aime pas ne pas tenir parole.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai failli lui parler quand m\u00eame et je me suis dit que je ne lui faisais pas confiance. J\u2019ai appel\u00e9 le commercial.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019assume et j\u2019explique mon choix de mon mieux. Putain, ils ont raison les gros bras : c&#8217;est un enfer de faire du mal. Je raccroche. Le chef du commercial m\u2019appelle. J\u2019assume et j\u2019explique de mon mieux. J&#8217;ai l&#8217;impression d&#8217;arracher les ailes d&#8217;une mouche et d&#8217;expliquer pourquoi. Je raccroche. Rendez-vous est pris pour le lendemain, 9h, en pr\u00e9sentiel. On est d\u2019accord sur un point&nbsp;: c\u2019est un minimum d\u2019annoncer \u00e7a de visu plut\u00f4t qu\u2019au t\u00e9l\u00e9phone.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est maintenant, le moment de sauter.<\/p>\n\n\n\n<p>9h.<\/p>\n\n\n\n<p>Le commercial et son chef sont l\u00e0. Ils ne font pas plus les malins que moi. Denis lui, n\u2019est pas l\u00e0. Je ne sais toujours pas si c\u2019\u00e9tait volontaire ou non. Il se connecte \u00e0 la conf. Je gal\u00e8re comme jamais pour d\u00e9marrer mon PC. Les minutes coulent doucement doucement.<\/p>\n\n\n\n<p>On se connecte enfin. Denis&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Par contre, mon PC va lancer un d\u00e9marrage intempestif dans sept minutes. On fait vite&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Moi&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Heu non, je voudrais qu\u2019on prenne notre temps. Tu nous pr\u00e9viens quand tu as red\u00e9marr\u00e9&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>On attend. Le temps ralentit encore, si c\u2019est possible. Que ce box est grand, qu\u2019est-ce que je fais seule sur ce plateau avec ces deux commerciaux \u00e0 regarder b\u00eatement mon \u00e9cran. J\u2019essaie de continuer de bosser. Je coupe le son, c\u2019est insupportable ces bips \u00e0 chaque notification qui r\u00e9sonnent dans tout ce vide.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019un des deux commerciaux prend la parole. Je sais que vous nous l\u2019avez d\u00e9j\u00e0 expliqu\u00e9 hier me dit-il mais tout de m\u00eame, tout \u00e7a est si brutal, je me demande\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>On se met \u00e0 discuter. J\u2019essaie de peser mes mots. Je raconte la conversation que j\u2019ai eue avec Denis en essayant de ne pas le pourrir non plus. Mais je ne peux pas non plus bisounourser&nbsp;: je suis en train de le sortir ce gar\u00e7on, et ses commerciaux cherchent la faille. Je dis que jamais dans la conversation que nous avons eue il n\u2019a demand\u00e9 sur quoi il \u00e9tait attendu et comment faire pour qu\u2019on se comprenne mieux. J\u2019ai dit qu\u2019on avait besoin d\u2019un dev java dans l\u2019\u00e9quipe et que Denis serait sans doute un tr\u00e8s bon auditeur, mais que nous n\u2019avions pas besoin d\u2019auditeur.<\/p>\n\n\n\n<p>La conversation dure. Toujours pas de Denis. Je finis quand m\u00eame par regarder sur l\u2019outil de messagerie instantan\u00e9e s\u2019il est l\u00e0 et je m\u2019aper\u00e7ois qu\u2019il est connect\u00e9. Notre fen\u00eatre de conversation est partag\u00e9e, tout le box voit ce qui est \u00e9crit.<\/p>\n\n\n\n<p>Moi&nbsp;: Tu es connect\u00e9&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Lui&nbsp;: Ton avis&nbsp;? Ne me dis pas que tu ne me vois pas en ligne.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019un des commerciaux soupire. L\u2019autre baisse les paupi\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p>Moi&nbsp;: On se retrouve dans la conf&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Lui&nbsp;: J\u2019y suis d\u00e9j\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai mis deux jours \u00e0 comprendre qu\u2019il a sans doute entendu toute la conversation que j\u2019avais eue avec ses commerciaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Ensuite c\u2019est all\u00e9 vite et violemment. Je m\u2019\u00e9tais pr\u00e9par\u00e9e \u00e0 expliquer. Il a dit \u00ab&nbsp;Stop, non, stop, j\u2019ai dit. Ce que tu fais est d\u00e9gueulasse. Je serai l\u00e0 dans une demi-heure pour rendre mon PC&nbsp;\u00bb. Il a d\u00e9missionn\u00e9 de sa bo\u00eete dans la foul\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec les commerciaux, nous sommes all\u00e9s fumer en silence. <\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est moi le cow-boy.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Je fais un job bizarre. 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